« Maxime Olivier a débuté en utilisant des supports de récupération trouvés un peu par hasard - revers de grandes affiches publicitaires ou papier d’emballage cartonné - avant de passer à la peinture sur toile. Autodidacte, il adopte immédiatement le grand format, un choix - ou plutôt une nécessité - qui lui permet de s’exprimer plus librement et généreusement. Par l’absence de cadre, on imagine aisément des prolongements infinis au-delà de la surface de la toile (la couche picturale déborde d’ailleurs souvent jusqu’au bord replié sur le châssis).

Ces compositions abstraites pourraient évoquer des paysages lunaires, des constellations, des astres, des éruptions solaires ou volcaniques, ou encore les profondeurs sous-marines. À travers les quatre éléments - eau, air, terre et feu - la force de la nature et surtout l’énergie créatrice sont palpables. Ces œuvres ont une dimension cosmique qui nous transporte dans l’univers très personnel de l’artiste.

Sa pratique de la danse et du théâtre alimente considérablement ses créations. Le langage du corps et le mouvement sont au centre de son œuvre, entre tension et équilibre. L’improvisation - propre à ces deux domaines qui le passionnent - est le point de départ de ses œuvres. Leur réalisation naît de gestes libres, affranchis de toute préméditation ou de tout plan. Il n’y a aucun dessin préparatoire. Ce sont les intuitions, les sensations et les émotions de l’artiste qui le guident dans ses choix chromatiques et formels. Maxime Olivier crée à plat, au sol, peignant, projetant ou étalant peinture et pigments. Mais il peint aussi avec son corps et ses mains - littéralement. Une démarche qui s’inscrit de manière parfaitement logique et naturelle dans son parcours artistique, matérialisation de son énergie vitale et spirituelle. Cette expression corporelle intense, exploration spatiale, insuffle à ses toiles une puissance évocatrice d’une grande sincérité.

La peinture acrylique est souvent rehaussée de couleurs or, cuivre ou argent, dont les reflets métalliques changent selon l’éclairage et l’angle de vue. Vibrations chromatiques. La lumière émane de ces toiles d’une grande sensualité, rendant certaines d’entre elles presque hypnotiques.

Né à Lausanne en 1978, Maxime Olivier obtient son certificat en mécanique industrielle en 1997, puis le brevet fédéral en mécanique aéronautique. Il travaille sept ans à l’aérodrome d’Yverdon-les-Bains avant de réorienter sa carrière professionnelle vers l’art, d’abord en tant que technicien de spectacle à l’Opéra de Lausanne. Il vit à Genève depuis 2007 où il a obtenu le diplôme de l’École de Théâtre Serge Martin en 2010. »


Daria Cibrario
Ana Quintero Pérez - Historienne de l’art